La Rider Family

5 mai 2010

Redresser son catamaran de sport chaviré

Écrit par Romain Link to this post

Rassurez vous, il n’y a pas de honte à chavirer, c’est une étape à franchir pour progresser et connaitre les limites de son bateau. Et cela arrive même aux meilleurs, la preuve en images :

Image de prévisualisation YouTube

Parce que c’est une question essentielle, voici donc quelques techniques de ressalage d’un catamaran chaviré. (un cata de sport, pas un extrême 40 !) Chacun a ses techniques, et je ne prétends pas réinventer la roue, certains des contenus suivants sont « tirés » d’autres sites auxquels je ne manquerais pas de faire référence.


La « simple » : le bout de ressalage rapide

Ce petit montage est présent « de série » sur mon AHPC Viper, mais ce n’est qu’une reprise d’une installation que j’ai découverte, appliquée et utilisée avec joie lorsque je pratiquais encore la régate en HC16.

Le but de ce système est de proposer un bout de ressalage qui « tombe sous la main » une fois le bateau chaviré.

Avantages :

  • lié au gain de temps; plus besoin de sortir le bout de ressalage, ni de le rentrer une fois le bateau redressé.
  • suivant la plateforme sur laquelle vous implémentez ce système (notamment en hobie 16), le bout peut aussi servir de « bout hawaïen », ou « bout de retenue » pour les équipiers voltigeurs au trapèze

Inconvénients :

  • nécessite d’être un équipage complet, ou du moins n’apporte pas d’avantage significatif au couple de redressement.
  • cette technique remplace parfaitement le bout de ressalage, mais en aucun cas ne peut faire office de bout de remorquage. Il fut donc dissocier les deux, et conserver malgré tout un bout de remorquage sur le bateau.

Conclusion : simple à mettre en place, très efficace pour gagner du temps lors d’un ressalage, je conseille vivement à tous les équipages d’installer ce petit système.

Le système en action !

L’acrobatique

Cette technique, réservée à ceux qui n’ont pas froid au yeux, est complémentaire de la première énoncée ci dessus.

Parfois, un équipage est au poids limite pour atteindre son couple de redressement. Lorsqu’il se suspend au bout de ressalage, le mât bouge légèrement, mais ne veut pas sortir de l’eau.

En réfléchissant un peut, lorsqu’on navigue au trapèze, on maintient son catamaran à plat en éloignant au maximum le centre de gravité de l’équipage; on met le poids vers l’extérieur. Ce qui marche à l’endroit sur un cata, marche aussi à l’envers. C’est bien de se suspendre au bout de ressalage, mais cela est encore mieux de faire en sorte que ce poids soit le plus éloigné possible du bateau chaviré.

Pour ce faire, « l’acrobate » dois monter sur les épaules de son équipier (appelé dans cette exemple le « tronc »). Pour y arriver sans passer à l’eau tout les deux, le « tronc » doit en premier s’accrocher au bout de ressalage (et surtout, faire un « noeud magique » qui pourra se défaire rapidement). Une fois bien fixé, « l’acrobate » monte sur le « tronc », (en utilisant la barre de sa ceinture de trapèze comme marche, ou cale pieds). Un fois tout le monde en place, on se penche un peu vers l’extérieur, et miracle ! Le cata récalcitrant auparavant va se remettre à l’endroit très facilement ! Attention toutefois à « l’acrobate » : cette technique est dangereuse car lorsque le bateau revient à l’endroit, il se trouve pile poil dans l’axe de descente de la coque. Il faut donc être particulièrement vigilant à se protéger et à éviter la coque. Attention aussi au « tronc »; une fois dans l’eau, il faut en premier lieu se détacher du bout de ressalage !

Avantages :

  • pas besoin de bricolage
  • permet de facilement redresser un catamaran

Inconvénient :

  • nécessite une bonne coordination,
  • de l’agilité, de la réactivité et de l’anticipation pour « l’acrobate » comme pour le « tronc »
  • méthode efficace mais très risquée; à ne pratiquer que lorsque l’équipage est expérimenté

Le « coup du sac »

Exemple de sac à eau

Avant toute choses, je tiens à dire que je n’ai jamais eu l’occasion de tester cette technique. Elle peut donc paraître un peu farfelue. Mais mes diverses déambulations sur les forums m’ont indiqué que cette technique était tout de même assez souvent employée par certains de marins, et particulièrement des pratiquant en solo qui ont chaviré mais qui ne veulent pas se fatiguer des heures à redresser leur bateau.

Vous avez chaviré, mais votre couple de redressement est trop faible ? Quel est le moyen le plus simple  à utiliser, entourant un bateau chaviré ? L’eau bien sûr ! Cette technique consiste à utiliser l’eau pour augmenter son couple de rappel. La pratique est simple, vous partez sur l’eau équipé d’un sac baudruche, d’un sac de jardinage, d’un sac de course, un sac plastique, au choix. Une fois à l’envers, vous remplissez votre sac d’eau et le fixez à votre bout de ressalage. Il n’y a plus qu’a essayer de redresser normalement son bateau, le poids du sac en plus du votre suffira à remettre le bateau à l’endroit.

Avantages :

  • technique simple,
  • peu onéreuse,
  • peu risquée
  • peut permettre à un solitaire de redresser son catamaran chaviré

Inconvénients :

  • plus vous êtes léger, plus il faut un sac gros…
  • plus le sac est gros, plus il est lourd et difficile à fixer au bout de ressalage
  • nécessite un certain temps de préparation avant, et après le ressalage
  • impose de naviguer avec ce sac. Il faut donc soit bien le fixer, soir avoir un rangement spécifique

Les techniques avancées

J’appelle les techniques avancées celles qui nécessitent une modification sur la plateforme du catamaran. Dans cette catégorie, j’isole deux façons de faire : ceux qui n’ont pas peur de bricoler leur bateau, et ceux qui veulent un système efficace en ne faisant absolument aucun trou dans leur bateau !

Bricoler une barre de redressage sans modifier la plateforme

Pour cette technique, je vous renvoie vers l’excellent document réalisé par Pascal Gallais, dans le quel il montre en détail la façon de faire pour arriver à installer son idée sur un catamaran. Images à l’appui, il vous guidera, de la phase de préparation du matériel, à la phase de test sur l’eau un fois le système mis en place. A lire !

A noter que cette technique est particulièrement réservée au Hobie cat 16

Voici ce à quoi vous devez arriver une fois le système réalisé :

Schéma du système

Pour aller plus loin :

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5 Réponses sur “Redresser son catamaran de sport chaviré”

  1. Très interessant ton billet.
    Pour la balade, j’avoue avoir un faible pour la barre de redressement qui est incontestablement le système le plus efficace et facile. Faut dire que j’aime la nav pépère !!!!
    Bon je vais publier un petit billet avec un lien sur ton blog ASAP.

     

    Theomi

  2. J’ai un probleme non résolu, comment remone-t-on à bord sur un Viper après avoir redressé l’engin?
    J’ai essayé une petite echelle de corde sous la martingale, ce n’est pas tres convaincant
    Quelqu’un a-t-il une idée?
    Avec mes remerciements anticipés
    P Iauch

     

    Pierre Iauch

  3. Pour ma part, je me suis remis aux pompes une fois par jour, cela aide vraiment !
    Plus sérieusement :
    - j’évite de chavirer !
    - si j’arrive à remonter par l’avant, mon équipier non. Il monte donc par l’arrière, voire sur le coté en s’aidant des poignées de trapèze, pendant que j’assure la sécu du bateau et lui file un coup de main

     

    Romain

  4. Le thème n’est pas « redresser son catamaran de sport chaviré », je le fais seul en pesant moins de 70 Kg, le thème est « Comment remonté à bord », et c’est une question sérieuse de sécurité, toutes les idées sont les bienvenues

     

    Pierre Iauch

  5. Pierre, je n’ai jamais essayé le coup de l’échelle de corde, car tu n’es pas le premier à me dire que cela ne fonctionne pas vraiment. Et meme après, quoi faire de son echelle ?
    Sur un viper, quand on arrive pas à remonter par l’avant, le plus simple est de la faire par l’arrière voire le côté arrière en s’aidant d’une poignée de trapèze.

    Au début, j’avais une technique pour remonter à bord vite : étant le plus léger des deux, mon équipier arrivait à redresser seul le cata. Pour ma part, je restais assis à cheval sur le coque. Une fois que le bateau revenait, je m’efforcais de rester assis a cheval sur la coque pendant le redressement du cata. Avantage double : non seulement j’étais déjà à bord et en plus étant au vent, j’empêchais le cata de rechavirer dans l’autre sens.

    Mais maintenant avec un peu plus de pratique j’arrive à remonter à la force des bras

    Parfois, mon équipier pour s’aider cale un pied dans la martingale… je ne sais pas si c’est bon pour le bateau par contre …

     

    Romain

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